Je vais vous dire quelque chose qui peut sembler étrange venant d’une décoratrice d’intérieur.
Un bel intérieur ne m’intéresse pas.
Enfin, pas seulement. Pas en lui-même. Un espace peut être photographié, publié, admiré, et rester profondément faux pour ceux qui l’habitent. J’en ai vu. Des intérieurs impeccables où personne ne s’installe vraiment, des salons parfaits qu’on traverse sans s’y poser, des chambres soignées où on dort mal sans savoir pourquoi.
Ce qui m’intéresse, c’est autre chose. C’est la justesse.
Beau et juste. Ce n’est pas la même chose.
Le beau, ça se construit avec des règles. Des proportions, des palettes, des équilibres. On peut l’apprendre, le reproduire, le dupliquer à l’infini. C’est pour ça que les intérieurs des catalogues se ressemblent tous : ils sont beaux, techniquement corrects, et ils ne ressemblent à personne.
Le juste, c’est autre chose. C’est quand un espace cesse d’être un décor pour devenir un cadre de vie. La justesse, c’est quand on rentre chez soi et qu’on pose les épaules. Une pièce qu’on n’avait pas prévue d’utiliser devient celle où tout le monde finit par se retrouver. Un objet chiné posé là, presque par accident, rend soudainement tout le reste cohérent.
La justesse, ça ne s’apprend pas dans un catalogue. Ça se construit à partir de ce que vous êtes, de comment vous vivez, de ce que vous ne savez parfois pas encore formuler.
Ce que je cherche vraiment dans un premier échange.
Quand je rencontre un client pour la première fois, je ne lui demande pas quel style il aime. Je lui demande comment il vit. Ces réponses-là m’intéressent bien plus que n’importe quelle planche Pinterest : comment il cuisine (en silence ou en musique), s’il travaille depuis chez lui, s’il reçoit souvent ou rarement mais intensément, s’il a besoin de vide pour respirer ou de matières et d’objets autour de lui pour se sentir ancré.
Ces réponses-là, parfois hésitantes, parfois surprenantes, sont bien plus utiles que n’importe quelle planche Pinterest. Parce qu’elles me donnent accès à ce que l’espace doit faire, pas seulement à ce qu’il doit avoir l’air d’être.
C’est là que commence le vrai travail.

Les tendances ne m’intéressent pas. Vous, oui.
Pas de palettes de couleurs démodées dans trois ans, pas de pièces choisies parce qu’elles font bien en photo.
Je travaille avec ce qui dure, des matières nobles comme le bois, le laiton, le lin, la pierre, qui vieillissent bien. Des pièces vintage qui ont déjà traversé plusieurs décennies et en traverseront d’autres, des choix pensés pour tenir dans le temps, pas pour impressionner dans l’instant.
Parce qu’un intérieur juste, ça ne se périme pas. Ça évolue avec vous, une pièce qu’on déplace, un objet qu’on ajoute, une lumière qu’on laisse décider. Ce n’est pas un résultat figé. C’est un cadre vivant.
Ce que « des intérieurs vrais, durables et habités » veut dire.
C’est ma phrase. Celle qui résume ce que je fais mieux que n’importe quelle liste de prestations.
Vrais : parce qu’ils vous ressemblent, pas à une tendance.
Durables : parce qu’ils sont construits pour tenir, dans les matières et dans le temps.
Habités : parce qu’on s’y installe vraiment. On y vit, on y reste, on y revient.
C’est ça que je cherche dans chaque projet. Pas la perfection esthétique. La justesse.
Et vous, est-ce que votre intérieur vous ressemble vraiment ?
Si vous n’êtes pas sûr de la réponse, ou si vous savez déjà qu’elle est non, c’est peut-être le bon moment pour qu’on en parle.
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– Clarine Matondo – OCLA Design
Source image : © Clarine Matondo – OCLA Design